Auteur Sujet: article interessant sur l'action des accessoires du violon sur le son  (Lu 945 fois)

Hors ligne picolo62

j'ai relevé ça sur un site et je trouve tous ces articles hyper interessants ,
le lien :

http://www.harmonie.net/publications-fr/acoustique/51-l-accessoire-semble-invisible-tant-qu-il-fonctionne

jetez y un coup d'oeil, ça instruit et ça apprend des choses qu'on soupçonne meme pas !



Evolution industrielle : optimisation du travail-machine
L’intégration des tendeurs, demandée par les musiciens, rapidement résolue...et solidement, par l’industrie...et quand je dis solide, c’est solide, car deux tendeurs seuls pèsent le même poids qu’un cordier de Mirecourt en ébène...
L’usage de corde d’attache en nylon, réglable, au détriment de l’ancienne corde en boyau, qui acoustiquement parait bien plus intéressante

Depuis un siècle, l’industrie allemande de l’accessoire musical a fourni, et fournit encore le monde entier. Son mérite a été de participer efficacement à la démocratisation de la pratique musicale : solide et pas cher.

Les fabrications françaises et anglaises, connues depuis le XIX siècles se sont éteintes dans les années 50. Je pense à M. Ruer de Mirecourt ou la maison Hill de Londres.

Voyons quels sont les modèles de cordier de violoncelle proposés aujourd’hui sur le marché :
Le Pusch : son système avec beaucoup de pièces métalliques est peu efficace au réglage de l’accord. Il avait pour lui d’être le seul cordier en bois, du marché.
L’Akustikus en plastique, fonctionne très bien, et n’est pas cher. Je regrette son aspect esthétique, et son poids (autant qu’un cordier traditionnel en ébène).
Le Wittner, qui je pense est très utilisé, car esthétiquement plus réussi , et qui fonctionne bien. Sa matière en fonte d’aluminium, le pénalise au niveau du poids (50% de plus qu’un cordier en ébène).


La question de la légèreté de cette pièce a été le point de départ de mes questions.
- Le simple poids me parait un critère insuffisant, car voyant qu’Akustikus et Wittner marchent bien, il y a sans doute aussi la qualité de la matière qui compte : L’un léger et mou, l’autre lourd, mais rigide.
- Un autre caractère qui me parait primordial, c’est la répartition du poids, le long du cordier. Pour ces cordiers à tendeurs métalliques incorporés, la plus grosse partie du poids se trouve en haut du cordier, a quelques centimètres du chevalet. Est ce qu’on a pas ici un effet de sourdine ?
- Le dernier point tout aussi important me parait être la corde d’attache, et la souplesse de cette articulation.


Le point de départ du son est bien au chevalet. Sa liberté d’oscillation d’un pied sur l’autre, ou sa liberté de se dandiner, me paraissent primordiales.
J’ai donc fait une expérience.
Pendant le jeu d’un violoncelliste, j’ai fixé à différents endroits du cordier, une masselotte de 40 grammes, un petit serre-joint. L’équilibrage des 4 cordes s’est tout de suite modifié, et l’endroit qui était le plus critique, était en haut, au départ des cordes : un son inégalement éteint, une réponse sonore moins rapide. L’excès de poids des tendeurs serait donc une sourdine.


C’est ce qui m’a amené a concevoir un nouveau cordier, la gamme "Harmonie" : tendeurs en composite très légers, incorporés sur un beau cordier en bois (ébène ou buis) léger lui aussi.
La rigidité, ou la conductibilité sonore du matériau du cordier parait moins importante.Cependant les essais comparatifs entre un cordier en ébène lourd, le Grenadille, et un cordier léger en Pernambouc me paraissent significatifs.
Juger de la contribution sonore du cordier, parait difficile, surtout après un remontage de l’instrument, voire un nouveau réglage...
Malgré cela, dans cet essai, deux familles de sons sont apparues :
pour le grenadille, un son large et pointu, bien détaché,
pour le pernambouc un son brillant, touffu et rapide.
Comparant ces sons avec un autre instrument, la guitare, il y avait pour l’ébène un son "guitare classique", et pour le pernambouc un son "guitare flamenca".
Pourquoi utiliser du pernambouc? On s’en était déjà servi à Mirecourt pendant la guerre, lorsqu’on a manqué d’ébène, pour faire des cordiers. A l’époque, personne n’y a rien trouvé d’intéressant pour le son. J’y reviendrai .

La fixation de la corde d'attache
Si l’on n’utilise hélas plus le boyau traditionnel c’est pour faciliter le réglage de la longueur chevalet-cordier. L’usage du nylon fileté s’est malheureusement généralisé sans avoir pris le temps de comparer les qualités respectives du nylon et du boyau.
Encore une fois, un matériau mou comme le nylon est plus disposé à amortir la vibration du cordier, donc de freiner le dandinement du chevalet.
En témoignent deux petites expériences :

1- Immobilisation légère du pied du cordier à l’aide de deux planchettes reposant sur le bord de la table : Le son s’assourdit, perd en puissance. L’étude des sonagrammes montre une réduction importante de l’énergie acoustique en dessous de 1000 Hertz. On est là, dans la même situation que la viole de gambe, où le pied du cordier est fixe.

2- L’élargissement ou le resserrement des deux brins de la corde d’attache modifie l’équilibre sonore des 4 cordes.
L’utilisation d’une attache en fil d’acier parait souvent convenir aux luthiers, au moins au niveau acoustique, sinon esthétique.Je n’en connais pas la cause, mais l’acier est plus raide que le nylon, et les deux brins de l’attache dans ce montage sont souvent plus rapprochés.


Ainsi, privilégier la possibilité de vibration du cordier, par différents moyens me parait intéressant. Quelques essais restent à étudier, par exemple:


Allonger cette corde d’attache en utilisant un cordier plus court
Essayer d’autres matériaux synthétiques qui ont un coefficient d’élasticité proche de celui du boyau.
Fixer la corde d’attache "à la baroque",en cavalier, devrait libérer le cordier..En effet, la sortie de l’attache par dessous bride moins le cordier que l’attache moderne ,qui elle sort au milieu de l’épaisseur du cordier
L’usage de la corde d’attache monobrin, comme le fait déjà Roger Lanne à Paris.

Bien d’autres expériences sont à mener, pour les cordiers, comme :


Varier l’écartement entre les cordes à la sortie du cordier :cela va induire une modification de la liberté de mouvement du chevalet.
Bien sûr essayer divers poids, diverses essences de bois. Au passage, on notera aussi la fréquence de résonnance propre de chaque cordier, et la vitesse de transmission acoustique du matériau (je pense à la machine de Lucci utilisée par quelques archetiers)
Faut-il accorder un cordier ? On peut le faire comme avec une lame de xylophone, pour obtenir une note, souvent de Sol 4 à Mi 5. La fréquence de résonnance propre de cette pièce est elle importante? Accorder un cordier pour un instrument qui aurait un loup particulier, ou un trou sur une note a-t-il un effet ?
L’étude des variations de renversement derrière le chevalet : les cordiers français ont un arrondi qui épouse la même forme que l’arrondi du chevalet, alors que les cordiers Hill, anglais sont bien plus plats, un peu comme les cordiers baroques.Le renversement du La & Do est plus faible que sur Ré & Sol

Comment valider les "progrès" ou les "résultats" de l’expérience? C’est un problème pour moi, et je voudrais vous raconter l’épisode du Pernambouc.
Une expérience a été lancée il y a 3 ans à Tokyo par un luthier français , pour des accessoires -surtout des cordiers - en bois de pernambouc. J’en ai été le fabricant. Au début je ne croyais pas aux vertus de ce bois, et j’ai pensé que les qualités commerciales ou charismatiques de ce luthier imposaient cette mode.


etc..., etc..., etc .....
« Qui penserait que pour construire un violon, il faut d'abord tracer deux pentagones dans un cercle ?  »