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Matériel : choix et Conseils => Violons => Discussion démarrée par: Olivier LESSEUR le 30 mai 2019 à 11:50:43

Titre: La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 30 mai 2019 à 11:50:43
un sujet pour des questions et réponses de Gilbert.

Dans une playlist de Youtube "la lutherie pour les nuls"

https://www.youtube.com/playlist?list=PLY9SQGKtkSss6pjyZyAjaUyXr6Q1Wh3tK

et aussi une autre playlist "L'avis de Gilbert Bordes"

https://www.youtube.com/playlist?list=PLY9SQGKtkSstJSnnaGULF-HZS3VPEmt6V


Je commence avec 2 montages vidéos que j'ai fait à partir de réponses de Gilbert.

D'autres suivront mais si vous avez des questions pour Gilbert sur la lutherie, c'est ici !

http://www.youtube.com/watch?v=oaXUavro9QI

http://www.youtube.com/watch?v=RBRuiME5Cps
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 30 mai 2019 à 12:37:42
et voici une première liste de sujets pour Gilbert :

+ les violons baroques
+ les chevilles wittner
+ les luthiers de Mirecourt
+ les "mauvais" violons de Mirecourt
+ Les bons violons de Mirecourt
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 30 mai 2019 à 18:23:47
l'avis de Gilbert (qui est le mien également) sur un violoniste très décrié ...

http://www.youtube.com/watch?v=n1l9Uxy9ctM
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Multi le 31 mai 2019 à 12:33:57
+1

Benh oui, le commercial/populaire n’est pas un gage de non-qualité émotionnelle,
mais un gage de non-élitisme,

alors ça fait moins bien,… ça froisse celui qui n’accepte pas d’être une personne ordinaire, comme la masse des gens qui prennent un plaisir simple à écouter de la musique… !!!

Il y a des gens d’exception mais bien moins que certains ne le pensent, surtout par ceux qui n’ont rien d’exceptionnel.
 
Très souvent, les gens d’exception se disent « bien ordinaires » …

Chaque différence est une richesse, chacun est unique,
mais l’élitisme n’est qu’un héritage de la royauté pour tenter de se distinguer de "la populace" … :clindoeil2:
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 31 mai 2019 à 13:54:00
c'est vrai que les très grands violonistes donnent une image de grande modestie naturelle ... menuhin, grappelli, jusqu'à maintenant nemanja radulovic.

Tiens moi ça me donne envie d'être modeste  :humour:
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Orliac le 12 juin 2019 à 07:53:25
Les violons baroques.
  A partir du XVIème siècle, le violon a été utilisé pour faire danser les gens dans les cours de fermes et sur les places des villages, car notre instrument est à l'origine populaire.  Cette tradition est perpétuée par les violoneux et de nombreux folklores européens.
  Ces violons de la première heure étaient différents de ceux que nous connaissons. C'est à partir du XVIIème siècle qu'à Crémone, en Italie et en Lorraine, en France, des luthiers vont transformer ce instruments aux possibilités réduites.  Les Médard de Nancy et les Amati de Crémone  après beaucoup de tâtonnements arrivèrent à la forme que nous connaissons et qu'il est bien difficile de transformer sans nuire gravement à la sonorité. Arriva ensuite, Stradivari, élève d'Amati, qui fixa les formes et les dimensions des instruments à cordes. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le violon baroque.
   Il existe très peu de violons baroques authentiques. Conçu pour être joué avec des cordes en boyau, si le corps de l'instrument n'a pas été changé avec une longueur qui varie entre 35,5 et 36 cm, tout le reste est différent de nos violons modernes.
   Le manche baroque est plus court que le manche moderne. C'est Viotti, qui au 19 ème siècle, fit allonger le manche des violons pour obtenir la proportion exacte 2X3, deux parties pour le manche, trois parties pour le corps, soit 13 cm du bord du sillet du haut au bord de la table, et 19,5 cm du bord de la table au milieu du chevalet.
   D'autre part, le renversement, cet angle que forme le manche avec le plan de la table sur le bord supérieur des éclisses était pratiquement nul. Le manche n'était pas enclavé dans le tasseau du haut, comme c'est le cas sur les violons modernes, mais simplement collé, ce qui impliquait de le fixer par l'intérieur avec des clous (3 pour le violon et 5 pour le violoncelle selon Stradivari). Ainsi, pour obtenir un angle suffisant afin de jouer les quatre cordes, la touche allait en s'épaississant du bord du sillet du haut au corps de l'instrument (touche cunéiforme). Elle était aussi plus courte que la touche moderne. Elle était souvent ornée de marqueterie. Pour l'alléger, certains luthier fabriquent une touche en peuplier qu'ils enrobaient d'un placage d'ébène. Les chevalets étaient plus bas La pression étant moindre, la barre était plus légère que les barres actuelles qui doivent résister à la pression des cordes métalliques.
   J'ajoute que les anciens luthiers n'étaient pas aussi stricts que les modernes. Ainsi, les manches des violons baroques étaient-ils parfois en poirier, bois peu fendant qui se sculpte facilement. Les fonds et les éclisses pouvaient être en marronnier ou en noyer.  Stradivari a construire des instruments en peuplier. Il s'en construit encore  avec ce bois, mais je n'ai jamais été convaincu par ses qualités sonores, aussi je continue d'utiliser l'érable ondé, certes plus cher, mais qui au bout d'une dizaine d'années de séchage convient parfaitement.
  Il y aurait beaucoup à dire encore sur les instruments baroques et j'y reviendrai. Mais la nostalgie de certains musiciens et l'envie de jouer les maîtres anciens avec leur musique a remis en vogue ces instruments du passé. Ainsi, des violons qui ont été une première fois modernisés, sont-ils de nouveaux "baroquisés" pour les besoins.






 
Titre: Re : Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: miaou le 12 juin 2019 à 11:27:42
C'est Viotti, qui au 19 ème siècle, fit allonger le manche des violons pour obtenir la proportion exacte 2X3, deux parties pour le manche, trois parties pour le corps, soit 13 cm du bord du sillet du haut au bord de la table, et 19,5 cm du bord de la table au milieu du chevalet.

Pourquoi a-t-il changé cette proportionnalité ? pour une question de son, pour une question de technique, ou d'ergonomie ?
Les instruments avaient des possibilités réduites, donc quelles possibilités cette transformation a-t-elle permises ?
Je te demande ça pour essayer de mettre historiquement en miroir les musiciens et les avancées technologiques.

Sais-tu s'il y avait des problèmes de décollement du manche, s'il finissait par y avoir du jeux dans les clous à force de vibrations (je ne parle pas des vibrations du son, mais de celles de la manipulation) ? 
Il n'y avait certes pas de risque qu'ils prennent un clou dans l'oeil  :rigol:....pardon, je m'égare  :angeldevil:

Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Multi le 12 juin 2019 à 12:47:12
Très instructif Gilbert  appl2 :toutok:

@Miaou
Manche long et touche longue me paraissent répondre au besoin « virtuose »  en jouant dans les positions hautes et surtout très hautes.

Début XIXe, c’est la grande époque de Paganini (1782-1840).
Est ce que ce maître jouait sur des manches longs et renversés, et touches longues ?
C’est probable car Viotti (1755-1824) l’a précédé.
On dit que Viotti et Paganini ont donné les bases du jeu moderne.

Souvent une évolution majeure ne naît pas d’un seul coup, mais est le résultat d’une évolution lente.
Les cordes boyau étaient délicates à produire, chères, souvent irrégulières en qualité (il y a des détails peu ragoûtants sur les instestins des agneaux mort-nés), et parallèlement la technique de fabrication des cordes aciers a évolué avec l'industrialisation et le meilleur contrôle de la qualité des aciers produits)
Les besoins techniques du début du romantisme on probablement incité Viotti à faire modifier le violon (?),
suivi par Paganini et le débuts des spectacles de solistes virtuoses (jeu sur cordes acier, puissant, brillant, virtuose) (?)

Il est à remarquer que Tourte (1747-1835) qui transforma l’archet en archet (presque) moderne est de la même époque.
Et que les grands maîtres Viotti et Paganini se sont distingués par leur jeu d’archet exceptionnel aussi.

Perso je pencherai pour une convergence: cordes, archet, violon due au début de l'expression romantique soliste

J’ai mis des points d’interrogation, car je ne suis pas sûr de tout ça …
Gilbert pourra confirmer/infirmer  :clindoeil2:
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Orliac le 13 juin 2019 à 07:21:44
Les modifications qui ont été apportées au violon sous l'influence de Viotti avaient deux raisons: l'aisance du jeu et surtout augmenter la puissance des violons à qui on demandait désormais de jouer en solistes dans de grandes salles. La longueur de la corde a été divisée en 12 parties, 5 pour le manche et 7 pour la partie se trouvant sur le corps, ce qui revient, pour le luthier, aux proportions que j'ai données  (6,5x2 pour la partie du manche allant du sillet au bord de la table et 6,5x3 pour la partie allant du bord de la table, côté talon à la ligne qui relie les crans inférieurs des f.

C'est probablement pour faciliter le jeu, notamment le démanché, mais c'est aux musiciens de le dire. Ensuite, le renversement -invention française- permet d'allonger la longueur de la corde sans trop faire souffrir le manche car la traction des cordes se fait presque dans la longueur du manche, ce qui permet une plus grande tension sans risquer de grosses déformations. Et on sait que plus une corde est tendue, plus elle est sonore et brillante. Elle permet aussi d'allonger la touche, tout en diminuant son poids.

   Les cordes métalliques ont grandement permis au violon de s'affirmer comme instrument solide parce qu'elles sont plus sonores (tu as sûrement raison, Multi, c'est le début du romantisme avec des solistes de plus en plus brillants). Il reste pourtant vrai que les cordes en boyau ont un son d'une grande délicatesse qui me ravit. Concernant la fabrication de ces cordes je ne savais pas qu'on pouvait en fabriquer avec des agneaux morts nés. Les Napolitains qui ont eu pendant longtemps le monopole des cordes harmoniques utilisaient l'intestin d'agneaux d'un an ayant  grandi en pâturages. Les Lyonnais, ayant percé leur secret, et constatant que les collines autour de Lyon avaient à peu près la même composition du sol et les mêmes variétés d'herbes se sont mis à fabriquer des cordes de très grande qualité.

   Concernant le violon de Paganini, un guarnerius del Jesu, il y aurait beaucoup à dire. C'est un grand violon, pas facile d'après les rares virtuoses qui ont pu le jouer et qui dort dans une vitrine à Gêne, la ville natale du virtuose. J'en reparlerai parce que le hasard favorise parfois les naïfs comme moi qui croient encore aux contes de fée. Voilà, j'ai pu me procurer un moule, vieux de deux siècles et qui me raconte une très belle histoire...  Je suis en train de construire un premier instrument expérimental, histoire voir ce que ça donne!
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Orliac le 14 juin 2019 à 07:29:36
Les chevilles mécaniques Wittner.

   La grosse difficulté avec les chevilles de violon ou alto, c'est de s'accorder avec précision. On y arrive assez facilement avec des chevilles très bien réglées, graissées juste ce qu'il faut pour tourner facilement sans risquer de lâcher sous la traction des cordes. Sur le violoncelle, c'est encore plus compliqué, surtout avec les cordes métalliques.
   Il existe plusieurs manières de corriger cet inconvénient. On peut diminuer le diamètre de la cheville, mais la limite est très vite atteinte, celle de la résistance à la torsion du bois. On peut aussi augmenter la taille de la partie plate que l'on tient entre le pouce et l'index, mais la limite est aussi vite atteinte, car on est gêné par la cheville voisine. J'ai vu aussi une clef qui permet de tourner avec précision, mais elle n'est pas pas pratique et s'égare facilement.

   Le système couramment utilisé, surtout avec le violoncelle, consiste à fixer sur le cordier des vis de tension. Ce mécanisme permet  d'ajuster aisément l'accordage, mais il comporte deux gros défauts, qu'il soit fabriqué en Bakélite ou en bois. D'abord une perte de son, ensuite, sur un violon stable où il convient d'une petite correction pour obtenir la note juste, on agit uniquement sur les vis de tension sans jamais toucher aux chevilles. Résultat: les chevilles  qui ne sont plus actionnées ont tendance à se coller au cordier et c'est parfois très difficile de les décoller sans les détériorer. Sur le violoncelle où l'accordage à la cheville est le plus difficile, ce système est généralisé.

   Un grand nombre de luthiers astucieux ont tenté de trouver des solutions à ce véritable problème propre aux instruments du quatuor. On a fabriqué des chevilles mécaniques semblables à celles de la contrebasse pour le violoncelle et pour le violon, mais ce système, très fiable n'a pas eu les faveurs des musiciens parce que  la silhouette de l'instrument semble déséquilibrée. On a aussi fabriqué des chevilles avec une âme métallique. La corde s'enroule sur un tige de fer, très fine, ce qui démultiplie le mouvement, mais détériore la corde.

   Depuis quelques années,  la firme Wittner commercialise des chevilles mécaniques avec un système intérieur qui fait que pour un tour de la partie plate, la partie à l'intérieur du cordier sur laquelle est fixée la corde ne fait qu'un huitième de tour. C'est génial. J'ajoute que ces chevilles sont d'apparence semblables aux autres, à peine un peu plus ventrues.
   Peu de luthiers proposent ces chevilles  parce qu'ils ne les connaissent pas. J'ai longtemps hésité parce que je ne savais pas comment les fixer. Et c'est très simple. Elles s'ajustent exactement comme les chevilles classiques.

Elle se bloquent  par pression (je conseille cependant de mettre une petite goutte de colle animale qui permet un décollage facile si on souhaite démonter la cheville). Les deux parties ajustées sur les joues du cordier ne bougent pas, le mécanisme fait seulement tourner la partie intérieure, où est fixée la corde. Le constructeur conseille de faire un nœud pas facile à réaliser pour bloquer la corde, mais cela ne me semble pas utile. Une fixation classique suffit. Ainsi, on peut monter un cordier en bois toujours meilleur pour le son qu'un cordier avec des vis d'accordage.
   Ces chevilles ont le défaut d'être plus chères, mais je parie qu'elles sont promises à un bel avenir.
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Orliac le 14 juin 2019 à 10:08:36
La manivelle n'est pas pratiqueS, ni pratique!
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Multi le 14 juin 2019 à 12:37:31
J’ajoute que Gilbert (Orliac) va me mettre, à ma demande, des Wittner sur mon prochain violon.

J’ai pris le modèle en "palissandre" (Rosewood, c'est de la résine imitant le bois), car il y aura du palissandre sur mon violon.

Je prend la bague et la petit tête, en laiton, sur d’autres chevilles, et je vais les mettre sur les Wittner
(c’est presque fait)
Ici photo avant la modification (Wittner palissandre d’origine, et autre avec bague et petite tête en laiton)
j’ajouterai une photo quand ça sera fait ;)

Il y a aussi une petite manivelle qui sert quand on change les cordes, car ça fait beaucoup de tour à faire. (comme pour les guitares)
Le toucher des têtes de chevilles est agréable, on n'a pas l'impression de "plastique" au toucher, c'est une résine réussie.

La photo ne passe pas, bien qu'elle fasse moins de 128 ko ! ? (122ko et même 51ko ), ça me dit "le répertoire de destination est plein" ??  :ouuh: :marteau: :zen2:

EDIT: comme l'a dit Olivier, il faut héberger les photos ailleurs.
Voici
https://app.box.com/s/ilubmm9q7zmlhlu4ncdajmimwc7y71u9 (https://app.box.com/s/ilubmm9q7zmlhlu4ncdajmimwc7y71u9)
On voit le cordier en palissandre, derrière. Les chevilles Wittner sont même mieux assorties au cordier que les chevilles en palissandre ...
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 14 juin 2019 à 13:09:21
j'ai arrêté le téléchargement des photos en direct sur l'hébergement du forum car depuis plusieurs années, il y a multiples hébergeurs externes et cela permet de mettre les photos en qualité normale, sinon quand c'est sur le forum, je dois surveiller l'espace disque.
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Multi le 14 juin 2019 à 17:39:32
OK, merci, je comprends. :clindoeil2:
je vais les stocker et mettre le lien.
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Françoise le 14 juin 2019 à 20:46:05
(je conseille cependant de mettre une petite goutte de colle animale qui permet un décollage facile si on souhaite démonter la cheville).

On les décolle pour changer de corde?
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: miaou le 14 juin 2019 à 22:56:03
J'ai ces chevilles Wittner sur mes violons, je n'en changerai pour rien au monde, elles ont toutes les qualités : précision, solidité, aspect, facilité de rotation.....et plus besoin de vis sur le cordier !

Celles en palissandre n'existaient quand j'ai fait poser les miennes. Elles sont jolies.
Je suis curieuse de voir le résultat de ton bricolage, Multi.

Par contre, si les Wittner sont fiables, on m'en a aussi posé d'une autre marque (dont je ne connais pas le nom) parce-que le luthier voulait un aspect palissandre à un moment où wittner ne les fabriquait pas. Eh bien elles sont totalement nulles. Il semble qu'il les ait fait venir des états-unis.
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 15 juin 2019 à 04:07:34
je confirme que les wittner sont vraiment à privilégier. Les luthiers ont parfois tendance à faire des choix d'antiquaire ou marchand d'art ... en oubliant que le son est 99% de la vie du musicien.

je joue régulièrement sur ce violon car je n'aimais pas sa voix trop criarde pour mes oreilles, mais je l'ai accordé en baroque et comme ça il me "hurle" moins dans les oreilles.

Il a des chevilles NON wittner, c'était un choix du luthier qui a construit ce violon et c'est une cata à accorder, pas de précision, ça tourne et accorde de manière aléatoire !

Et l'ensemble a bien sûr couté la peau des Fexxes alors que la solution fiable était bien moins chère ...
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Orliac le 15 juin 2019 à 05:59:32
Non, on ne les décolle pas pour changer de corde, mais on peut avoir besoin de changer la cheville parce qu'elle est cassée ou qu'on souhaite revenir à des chevilles classiques.
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Françoise le 15 juin 2019 à 07:34:28
je joue régulièrement sur ce violon car je n'aimais pas sa voix trop criarde pour mes oreilles, mais je l'ai accordé en baroque et comme ça il me "hurle" moins dans les oreilles.

Que veux-tu dire par "accorder en baroque"?
La hauteur du LA, la nature des cordes?
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: miaou le 15 juin 2019 à 23:50:27
La hauteur du La en 415 au lieu de 440. (à peu près 1/2 ton au dessous)
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Orliac le 16 juin 2019 à 07:38:42
Les Mirecourt.
Avant de parler de ces violons que tout le monde connait, je dois préciser un détail oublié dans la description des violons baroques. C'est à propos du manche: j'ai dit qu'il était plus court que les manches modernes, mais il a aussi une autre particularité: comme la touche baroque, il va en s'épaississant du cheviller au talon dont la forme est moins anguleuse que celle des violons modernes.  Cette forme ajoutée à celle de la touche cunéiforme rendent le démanché très difficile quasi impossible. En effet, les musiciens baroques jouaient toujours en première position, parfois en troisième mais ils n'allaient pas au-delà. Il a donc fallu transformer le manche pour que les virtuoses modernes à la fin de l'époque classique, puissent jouer aisément dans les positions les plus élevées.
   Revenons aux Mirecourt. Ce nom est pour beaucoup un gage de qualité. Ce n'est pas toujours vrai car il cache une réalité assez disparate.
   Mirecourt, cette petite ville des Vosges, a été pendant un siècle et demi la capitale mondiale de la lutherie. A la fin du 19 ème jusqu'au milieu du 20ème siècle, on a produit une quantité considérable de violons à très bas prix, donc en grande série, ce qui n'est pas compatible avec la qualité des instruments.
   L'usine Couesnon occupait plus de mille ouvriers, Laberte et Magné, plus modeste, comptait un peu plus de 300 employés. Thibouville-Lamy avait deux structures, une à Mirecourt, l'autre à Paris où se trouvait la direction générale. Toutes ces usines, grâce à la renommée de Mirecourt, produisaient, vendaient, exportaient dans le monde entier. Il fallait donc aller vite pour faire face à l'importante demande, et comme on manquait cruellement de bois, on avait tendance à prendre le tout venant. On importait de l'érable d'Europe centrale et au lieu de l'épicéa dont le défaut est de comporter parfois des poches de résine, on fabriquait les tables en sapin blanc des Vosges (surtout pour les violoncelles) qui n'a pas cet inconvénient, mais sonne beaucoup moins bien. Dans cette immense production, il y a de tout: du mauvais, du très mauvais, du moyen, du passable, parfois du bon,  car ces usines bénéficiaient du savoir faire de deux siècles de lutherie artisanale.
   Ces grosses structures avaient racheté les étiquettes de nombreux maîtres luthiers du passé et produisaient sous leur nom. Cet aspect peut être trompeur si l'on s'en tient seulement à l'observation qui  influence l'oreille.
   Il faut faire une mention spéciale pour la firme Collin-Mézin. Cet atelier ne comptait pas plus d'une vingtaine d'ouvriers choisis parmi les meilleurs de Mirecourt. Les instruments produits sont généralement de bonne qualité.
   A côté de la fabrication de masse, il existait à Mirecourt des ateliers d'artisans indépendants qui continuaient à produire de très bons violons. Je peux citer Georges Apparut, Paul Hilaire, Paul Bisch, Maurice Bourguignon, Marius Didier, etc...Naturellement, les prix sont bien supérieurs à ceux des produits d'usines.
  En conclusion: si vous n'êtes pas un connaisseur, ne cédez jamais à la magie du mot Mirecourt. Ce n'est pas parce qu'il vient de Mirecourt qu'un violon est bon. Il peut l'être, bien sûr, mais rien ne remplacera dans votre choix de débutant l'avis d'un musicien accompli. N'oubliez pas que l'oreille est aisément influencée par d'autres critères qui n'ont rien à voir avec la qualité du son. Pourquoi les violons d'importation. sont-ils toujours très beaux?  Parce que le "visu" est pour 80% ou plus dans la décision d'achat.
   Pour moi, un violon est avant tout destiné à jouer de la musique. Le visu passe au second plan: je porte tous mes efforts sur la qualité du son, la facilité du jeu, l'égalité sonore entre les cordes, brefs, tous ces détails qui font un bon outil pour le musicien qu'il soit débutant ou pas.
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 16 juin 2019 à 11:58:10
http://www.youtube.com/watch?v=9MAN4OyriTk

http://www.youtube.com/watch?v=GeSImScCX4k

http://www.youtube.com/watch?v=b2Aj5M0b0_M

http://www.youtube.com/watch?v=yz9vvgyl6FA

http://www.youtube.com/watch?v=D9pLvvHLZv8
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 24 juin 2019 à 07:36:46
http://www.youtube.com/watch?v=8lgSQqaNd-c
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Multi le 24 juin 2019 à 10:26:16
Salut Olivier,

Très intéressant.

Techniquement, tu as oublié d’enlever des « reprises » avec des « Eh Oh » … :clindoeil2:
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 24 juin 2019 à 11:26:26
ah merci, je vais l'enlever et le refaire !
Titre: Re : La lutherie pour les nuls
Posté par: Olivier LESSEUR le 01 août 2019 à 07:05:19
J'ai ajouté plein de vidéos sur des sujets de Gilbert, dans une playlist de Youtube "la lutherie pour les nuls" ( 19 videos )

https://www.youtube.com/playlist?list=PLY9SQGKtkSss6pjyZyAjaUyXr6Q1Wh3tK

et il y a aussi une autre playlist "L'avis de Gilbert Bordes" ( 6 vidéos )

https://www.youtube.com/playlist?list=PLY9SQGKtkSstJSnnaGULF-HZS3VPEmt6V